03/10/2017

Du temps des vendanges à l’ancienne à Villegailhenc

Mais où est-il, ce temps bien sur révolu, mais pas si lointain, où huit jours avant le ban des vendanges, chaque viticulteur sortait les « sémals » (les comportes) dans la rue pour les « estanquer » étancher) et préparait méticuleusement le matériel pour la cueillette :sécateurs, seaux (ferrats),hottes (gorb),masses et bien entendu les comportes.

Il régnait alors une animation particulière qui sentait bon l’automne et la récolte prochaine.

L’année durant, et même parfois d’une récolte à l’autre, chaque propriétaire formait sa « colle » (équipe de vendangeur) avec souvent des gens du village ou d’ailleurs.

Vendanges, était alors synonyme d’embauche, de revenus complémentaires, et même les enfants, secondés par leurs parents ou leurs grands-parents, participaient. Et ,durant la cueillette, ces équipages, soit à pied, à charrette ou charretons, sillonnaient le village et envahissaient les vignes.

A l’heure, et dans les grandes « colles »,,la « mousseigne » donnait le départ et imposait son rythme de cueillette et malheur à qui, dans sa rangée, se porterait à sa hauteur ou la dépasserait ; c’était la règle. Le « gourbéjaïre »(le porteur de hotte) portait 4 ou 5 seaux de raisins qui étaient versés dans les comportes, écrasés et tassés à la masse de bois.

Capouner : Dans les propriétés plus modernes, les bennes avaient remplacé les comportes.

De temps à autre, quelques cris attiraient l’attention. C’était une jeune fille qui venait d’oublier, peut-être volontairement, un raisin à une souche, qui se faisait poursuivre par un jeune homme qui s’apprêtait à la« capouner »(écraser le dit raisin sur sa figure et lui voler furtivement un baiser).

Le temps d’alors était moins compté, peut-être passait-il moins vite, c’était aussi l’occasion de lever la tête, car le métier de vendangeur est pénible.

Casse-croûte :L’heure du petit déjeuner à la vigne était très attendu et la « colle »entière s’asseyait au bout de la rangée pour casser la croûte un quart d’heure durant. C’était un instant privilégié de récupération, de regroupement et d’amitié. Souvent, le « gendarme » (hareng salé), était au menu, et, accompagné d’un bon raisin frais et d’un bon coup de vin, bu à la gourde . C’était un vrai régal.

Durant toute la « suivie » (durée) des vendanges, les conversations allaient bon train et chacun y allait de son couplet, de son cancan, ou de sa chanson. C’était alors un grand moment de communication… Tout se savait et souvent exagéré bien sûr, on est dans le midi..

Les vendanges touchant à leur fin, le propriétaire-employeur, préparait pour le dernier jour, à la dernière vigne, ou chez lui, le fameux « diusavol »,toute la « colle » y était conviée. Le « friginat » avait les faveurs de ces agapes, bien sûr arrosées de « carthagène » et, plus la récolte avait été bonne ,plus le patron était content et plus il était généreux dans son repas.

Et le soir, bal populaire :Le pressurage pouvait alors commencer et dans le village planait l’odeur alcoolisée de raisins qui fermentent. Chaque propriétaire ayant sa cave particulière, tout le village pouvait donc en profiter. Le soir, souvent, un bal populaire était organisé par le cafetier du village et un grand bal des vendanges était programmé le dernier dimanche pour en fêter la fin.

De nos jours, trop préoccupés par la vie trépidante moderne, faite de rentabilité, plus de temps et d’argent à perdre. Les machines à vendanger ont remplacé les vendangeurs et, dans le village, le temps des vendanges passe quasiment inaperçu, et l’on se prend à le regretter..

Nostalgie du temps passé, quand tu nous tiens..

La "colle" de Paul Iché à l'heure du casse-croûte au milieu des "semals".DSCN1296.JPG

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